Voilà plusieurs fois que j’hésite à aborder ce sujet car ma reflexion n’en est encore qu’à ses débuts. Mais il me semble intéressant de lancer le débat autour de ce paradoxe.

L’informatique au service de l’entreprise.

L’informatique a permis à l’entreprise d’accroitre de manière considérable ses moyens de production et de communications. Au début réservé à des secteurs très restreint comme la comptabilité, l’informatique a pris de plus en plus de place dans toutes nos méthodes de travail. L’essort des résaux IP et d’internet a permis l’explosion et la démocratisation des moyens informatiques au sein des entreprises et des foyers. Il est désormais difficile d’imaginer travailler sans un ordinateur pour une grande partie des postes de bureau.

Le développement de ces moyens informatiques s’est dans une optique simple: gagner du temps, donc de l’argent. Et cela a plutôt réussit dans la majorité des cas.

L’interconnexion et l’omniprésence.

L’avènement d’internet a permis de développer d’autres types de moyens informatiques avant réservé aux grandes entreprises et aux banques: l’interconnexion des systèmes d’informations. En effet, il est maintenant courant de connecter son SI à celui de ses fournisseurs afin d’automatiser un maximum les échanges (B2B). Il est aussi maintenant primordial d’avoir une connexion avec ses clients (B2C). Bref la complexité des systèmes d’information ne cessent de croitre (ce qui va de paire d’ailleurs avec la maturité et la simplification des technologies informatiques). Nous sommes arrivé à un stade où l’informatique devient essentiel et donc stratégique pour une entreprise.

Qu’est ce que j’entend par agilité d’une entreprise?

De manière concise, l’agilité d’une entreprise représente la faculté de celle-ci à s’adapter à une modification de son environnement interne ou externe.

Exemples de modification d’environnement:
– le chef du service vente démissione et ne fait rien pour faciliter sa succession.
– un concurrent asiatique vient de sortir un produit concurrent 5 fois moins cher pour une qualité approchante.

Quels sont les freins à l’agilité de l’entreprise?

Il est difficile voire impossible de faire une liste exhaustive de ces freins. Pour être agile, une entreprise doit pouvoir dans la majorité des cas adapter ses outils et méthodes de travail. Le changement est quelque chose qui fait toujours peur, donc le premier frein sera toujours l’humain. Ensuite paradoxalement, l’entreprise en tant qu’organisation est quelque chose de rigide. L’entreprise sera donc un frein à son agilité. Je terminerai par un outil qui touche maintenant de pleins fouet nos méthodes de travail: l’informatique. On sait quasiment tous que changer quelque chose dans un système d’information ne se fait plus du jour au lendemain… Cela devient donc aussi un frein.

Je n’ai pas parlé des aspects réglementaires, budgétaires, etc pour ne pas faire une liste décourageante pour tous ceux qui envisage de révolutionner leur entreprise dès demain.

L’informatique, un frein à l’agilité de l’entreprise: une fatalité?

Nous sommes face à un paradoxe qui veut que l’outil qui nous est indispensable pour gérer nos entreprises et qui est censé nous faire gagner du temps, nous rendent quasi imobile pour s’adapter à un changement rapide. Pour se persuader de cela, il faut regarder combien de temps il faut pour mettre en place un ERP ou pour faire une modification. En effet, la modification peut être mineure et rapide à faire, mais il faut pour cela communiquer, former, … bref accompagner le changement pour que celui-ci n’enraille pas la mécanique.

Alors sommes nous condannés? Je ne pense pas. De plus en plus d’entreprises adoptent des comportements managériaux qui permettent d’introduire de la souplesse et de la réactivité. On peut citer par exemple l’adoption du mode projet qui a notamment fait ses preuves dans notre pays dans l’industrie automobile. La modernisation du management doit donc se poursuivre afin de propager les méthodes « agiles » de travail.

Et l’informatique dans tout çà? Et bien les outils eux aussi doivent devenir agile et ne plus enfermer l’entreprise dans les process qu’elle a défini. Pour cela, je pense qu’une piste est que les outils doivent être simple et rapidement modulable. Les outils doivent proposer des process ouverts que chaques utilisateurs pourra s’approprier et personnaliser. Cela peut paraitre d’une banalité affligeante mais je ne vois pas autre chose.

Pour conclure, je voudrais rappeler que je ne suis qu’au début de ma réflexion, je n’ai bien sûr pas pu aborder tous les problèmes (je ne suis pas encore omniscient). Mais je pense qu’il faut pousser pour la mise en place d’un management plus ouvert, basé sur des systèmes d’informations plus souples.

A vous de commencer le débat.